Sunday, March 29, 2015

Projet d'organisme de remise niveau et de soutien scolaire



Le saviez-vous ? Parmi les élèves classés comme premiers de leur classe, on retrouve une écrasante majorité de fils et filles de profs. Par ailleurs, les profs représentent 8 % de la population active, tandis que leurs enfants se taillent la part du lion dans l’enseignement supérieur, avec près de  40 % des des effectifs en Facs de médecine, écoles d’ingénieurs et grandes écoles (cf. une enquête du Magazine Capital). Et pourquoi donc est-ce ainsi ? vous demandez-vous. C’est simple : ces élèves bénéficient, à domicile, de cours particuliers assurés par leurs parents. Voilà une preuve indiscutable de l’efficacité des cours particuliers, dont nous pouvons résumer les principaux avantages :
- en cours particulier, le tête-à-tête prof-élève évite à ce dernier d’être perturbé par le chahut ambiant (très fréquent, y compris dans les plus prestigieux établissements) ;
- l’élève a un prof pour lui tout seul ; il (elle) peut, ainsi, se concentrer totalement sur ses difficultés ;
- la timidité éventuelle de l’élève n’est plus un problème, car tout bon prof particulier fera le nécessaire pour aider son élève à acquérir de l’assurance ;
- finalement, et c’est le plus important, les notes montent en flèche !
Notre institut est un organisme spécialisé dans le soutien scolaire, et comme la pédagogie nous importe plus que le marketing, nous n’embauchons que des enseignants qualifiés et expérimentés, détenant comme qualité supplémentaire un sens aigu pour la méthodologie, le maître-mot en matière de réussite scolaire. L’expérience montre, en effet, que c’est la méthodologie et elle seule qui permet à l’élève de réussir sur le long terme, étant désormais apte à se  prendre en charge même en l’absence du prof.
Bien entendu, nos horaires de cours particuliers sont flexibles, afin de coller au plus près aux besoins de nos élèves compte tenu de leur emploi du temps. Notre institut s’engage tout naturellement à garantir une parfaite confidentialité sur les activités de ses élèves et de ses enseignants.
Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons que vous encourager à sauter le pas. Appelez-nous dès maintenant et venez vérifier par vous-mêmes la crédibilité de nos affirmations et l’efficacité de nos méthodes..

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Thursday, July 06, 2006

Préambule : quand des enseignants ne jurent que par la méthode globale de lecture


Préambule

Le blog qui suit est extrait d'un épais courrier de 220 pages que j'ai adressé au tout début du mois de juillet 2005 à quelques dizaines de responsables politiques français de tous bords, histoire de sensibiliser ce petit monde sur divers phénomènes que j'observe sur le terrain depuis longtemps, mais dont je ne trouve pas toujours l'écho dans la presse ni dans les préoccupations des responsables politiques, sauf, de temps en temps - allez savoir pourquoi -, en période électorale.
Mais s'il en est un - responsable politique - qui n'a pas attendu d'être en période électorale pour prendre à bras le corps la question de l'alphabétisation dans les petites classes, c'est M. Gilles de Robien, ministre de l'Education nationale français au sein d'un gouvernement dirigé par M. Dominique de Villepin. Et l'un des chevaux de bataille dudit ministre n'était-il pas la mise hors circuit de la calamiteuse "méthode globale de lecture" ? C'est dire si je commençais à applaudir des deux mains ! Sauf que, comme il fallait s'y attendre, le lobby de ladite méthode globale n'a pas perdu de temps pour tirer à vue sur le ministre...
Extrait d'un article de Jean-Luc VILLENEUVE secrétaire général de la fédération syndicale (d'enseignants) SGEN-CFDT. Libération.fr, Lundi 23 octobre 2006.

" (...) Mais que veut Gilles de Robien ?
(…) Depuis quelques années, nous savions que la mise en avant de la mythique école des années 50, cette nostalgie du «bon vieil âge d'or», cachait mal en fait la mise en place d'une politique réactionnaire en matière d'éducation. Pour donner le sentiment que l'on s'efforce de régler des difficultés, il est tellement plus confortable, au plan politique s'entend, de brandir le rétroviseur.
Aujourd'hui, un degré supérieur est atteint. Nous affirmons que le ministre de l'Éducation nationale, Gilles de Robien, contribue à mettre en place un climat délétère, où la mise au pas, la «conformation», deviennent valeurs, vertus.
Ainsi notre ministre poursuit avec une rare obstination sa croisade sur l'apprentissage de la lecture par la seule méthode syllabique. Il tranche de manière péremptoire en ignorant les travaux des chercheurs ou l'expérience des enseignants. Au passage, il dénonce les organisations syndicales, qui seraient les seules à le combattre ! Faut-il rappeler que les syndicats sont aussi des porte-parole de la profession ? Voudrait-on pratiquer le «dialogue social» sans partenaires ? Il est vrai que ce serait plus confortable...
Mais il y a plus grave. Gilles de Robien continue de laisser croire à l'opinion publique que les méthodes «actuelles» ­ comprenez la méthode globale, qui n'est absolument pas utilisée­, et donc les enseignants, sont responsables de l'échec des 15 à 20 % des élèves qui ne maîtrisent pas réellement les apprentissages fondamentaux à l'entrée en sixième. Ainsi ignore-t-il totalement les réalités socio-économiques, les difficultés culturelles, sociales, territoriales, vécues par un grand nombre de ces élèves. Au fait, quelles sont les méthodes, et donc les enseignants, responsables de la réussite des 80 à 85 % des autres élèves ? (...) Fin de citation.
A en croire notre syndicaliste, donc, la méthode dite globale ne serait absolument pas utilisée, son de cloche moult fois entendu dans la bouche de nombreux enseignants et de fort nombreux pseudo-experts (journalistes plus ou moins spécialisés dans les questions scolaires). Seulement voilà, il y a les parents, dont un grand nombre sont d'un avis tout à fait différent.
C'est ainsi qu'on peut lire sur le site Internet Jeunes Plus :
"Le scandale des méthodes de lecture globales qui ne disent pas leur nom, camouflées sous des vocables divers, doit cesser. Par ces méthodes, trop d'enfants apprennent une pseudo-lecture qui les rebute, les écarte du livre et en fait de futurs illettrés. Dernier vocable à la mode lancé par Monsieur Goigoux : les méthodes intégratives. D'après cet universitaire, ces méthodes sont appliquées dans toutes les classes pour le plus grand bonheur des enfants. Quelles sont-elles ? Gafi, Ribambelle et toutes autres méthodes non structurantes et d'inspiration globale à la mode. Il n'a d'ailleurs rien inventé : «integrated reading instruction» est un des termes utilisés aux Etats-Unis pour désigner un type de méthode globale.
Non, vraiment, le débat n'est pas clos et il convient de l'éclairer. Il n'y a que deux familles de méthodes : les alphabétiques et les globales. Tous ceux qui vous font croire à l'existence d'une troisième voie vous trompent. Soit on part de l'élément (la lettre) pour aller vers le texte, et on parle de méthodes alphabétiques. Soit on part du global (le texte) pour aller vers l'élément et il s'agit de méthodes globales.
Quant à vous parents, continuez à vous renseigner sur les méthodes de lecture alphabétiques et à dévaliser les librairies qui les proposent, car seules ces méthodes feront de vos enfants de vrais lecteurs qui, en plus, ne feront pas de fautes d'orthographe.
Et pour les enseignants qui doutent de ce que nous écrivons, voici un simple témoignage : « Institutrice en CP, ayant aussi beaucoup travaillé en grande section, j'ai été très intéressée par votre méthode syllabique et phonétique Léo et Léa. Méthode que notre école a choisi d'adopter l'année prochaine. Avec ma collègue de CP, nous constatons que nos meilleurs lecteurs sont des enfants qui ont déjà appris à lire avant le CP avec une méthode B A BA, avec l'aide de leur maman. Cela, bien sûr, nous interpelle et nous pose la question de savoir pour qui nous enseignons. La majorité de nos élèves rencontrent beaucoup de difficultés pour apprendre à lire et finissent l'année scolaire en étant très fatigués des gros efforts d'acquisitions que réclament nos méthodes actuelles. Est-ce bien normal pour des enfants de cet âge ? » »
Et c'est là qu'intervient notre bon ministre de l'Education nationale, avec sa fameuse circulaire sur l'apprentissage de la lecture. De la seule lecture ? Et moi qui croyais que le fameux "socle de connaissances" portait sur les connaissances de base, à savoir lire, écrire, compter !
Ci-dessous un extrait de la circulaire ministérielle :
À l’école maternelle, l’enfant a commencé à s’approprier le patrimoine de la langue française. En parlant et en découvrant le monde de l’écrit, il s’est chaque jour nourri de mots nouveaux. Par l’attention patiente de sa maîtresse ou de son maître, il a compris que ces mots se composaient de sons. Il a commencé aussi à saisir que, par des lettres que l’on voit et qui se répètent, on peut porter sur le papier la trace d’un son que l’on entend. Il a même commencé à dire le son en voyant le signe.
(…) Il a commencé aussi à saisir que… (l') on peut porter sur le papier la trace d'un son que l'on entend. Il a même commencé à dire le son en voyant le signe…
Formidable, se dit-on : l'enfant découvre, simultanément, le "lu" et l'"écrit", l'"écrit" et le "lu". Mais, alors, comment expliquer, dans ces conditions, cette véritable fixation que le ministre semble vouloir faire sur la seule lecture ? Suite de la circulaire :
(…) À la fin du CP, tous les élèves doivent avoir acquis les techniques du déchiffrage et les automatismes qui permettent la lecture autonome et le plaisir de lire. La généralisation de l’évaluation au début du CE1, que je viens de décider à la demande de nombreux maîtres, a pour objectif d’analyser les difficultés techniques qui persisteraient à ce niveau afin de mettre immédiatement en place des programmes personnalisés de réussite éducative : tous leurs bénéficiaires doivent être réellement lecteurs à la fin de l’année de CE1. (…)
(…) Ainsi, l’école se donnera tous les moyens pour que tous les élèves réussissent ces premiers pas décisifs dans le monde de la lecture. Pour atteindre ce but, les maîtres et les maîtresses méritent les meilleurs outils : je souhaite que les éditeurs de matériel pédagogique à destination des classes, ainsi que les gestionnaires des dispositifs de formation à distance, contribuent à cet effort de recentrage des apprentissages premiers de la lecture. (…)
Résumons : on était parti d'un discours sur le lu et l'écrit, et voilà que, tout d'un coup, il n'est plus question que de lecture, histoire, peut-être, d'accréditer l'idée qu'à l'école française, on apprend à lire, mais pas à écrire !
Mais, bon sang de bonsoir, c'est peut-être ça, le secret de l'école publique française ! Jetez donc un coup d'œil à la dictée qui suit (élève de CM1, né en France et parlant un français sans accent) :



Précision utile : le quidam responsable de la dictée ci-dessus est plutôt bon lecteur !
A ce propos, voici ce que déclarait, un beau matin, sur France Inter, ce spécialiste de l'"illettrisme" (malheureusement, il n'est pas que cela !) qu'est Alain Bentolila :
S'ils (les jeunes adultes illettrés) possèdent une langue orale approximative, ils n'ont aucune idée de ce qu'est la langue écrite (…). On met la lecture en avant, mais en fait, cela cache, ce qui est plus grave, l'énorme difficulté de l'écriture (…) ! Alain Bentolila, linguiste, interview Patricia Martin, France Inter, 7 janvier 2000.
Et pour preuve de l'indigence, voire de l'ineptie du débat autour de la seule lecture à l'école élémentaire, voici une expertise scientifique qui devrait clouer le bec à pas mal de monde, à commencer par bien de pseudo-experts et autres "armchair-theorizers "(théoriciens de salons ou de laboratoires, qui n'ont jamais rencontré le moindre élève !) :
(…) La séparation entre trouble spécifique de la lecture et trouble spécifique de l'orthographe est malencontreuse et ne constitue pas un reflet exact de cette condition. En effet, la littérature montre sans ambiguïté que les difficultés d'identification de mots écrits [= difficultés en lecture] sont systématiquement associées à des troubles de leur production, les dysorthographies [= troubles de l'écriture]. Les recherches dans le domaine montrent d'ailleurs que, lorsque le sujet dyslexique parvient à maîtriser plus ou moins bien la lecture, il conserve généralement des problèmes manifestes sur le plan de l'orthographe. Cet état de fait s'explique par le degré de complexité plus élevé que présente la production de mots écrits par rapport à leur reconnaissance (…), ce qui rend cette modalité plus sensible aux difficultés d'acquisition du langage écrit (…).
Pascal Zesiger, Neuropsychologie développementale et dyslexie, in Enfance, vol. 56, Approche neuropsychologique de la dyslexie développementale, juillet-septembre 3/2004, PUF, 2004, pp. 237-243 (ISBN : 2 13 054732X).
Et si j'avais un conseil à donner à M. de Robien, ci-devant ministre français de l'Education Nationale, ce serait celui de reprendre dare-dare le texte de sa circulaire et d’y remplacer systématiquement les occurrences du mot « lecture » par celles de « lecture et écriture », ce qui devrait clouer le bec à pas mal de monde, les tenants du lobby de la méthode dite globale ou mixte ne nous ayant toujours pas expliqué comment on écrivait de manière « globale » autrement qu’en utilisant des idéogrammes !
En un mot comme en cent, centrer le débat concernant l'alphabétisation à l'école élémentaire sur la seule question de la lecture, en escamotant le véritable révélateur de l'illettrisme : l'incapacité à écrire correctement (d'aucuns parlent de dysorthographies) est proprement inepte.
Qu'on se le dise !
Fin du préambule et début du blog proprement dit.


Dédicace
Je dédie ce blog à toutes les mères de "premiers de la classe", même si je ne considère pas que le but, dans la vie d'un enfant, soit d'être le premier de sa classe ! Néanmoins, mon expérience de la chose m'a montré que, derrière un enfant qui réussit brillamment sa scolarité, il y a toujours des parents particulièrement motivés et exigeants, et tout particulièrement une mère ! Et, contrairement à l'immense majorité des autres, ces parents-là savent que la réussite scolaire se joue, à 90 %, à la maison !

Quant aux autres parents, je n'aurai qu'un message à leur adresser : ne laissez plus jamais n'importe qui faire n'importe quoi avec vos enfants ! (cf. la rubrique "Demandez le programme !", en fin de blog)


Avertissement
Le présent blog, que j'adresse tout particulièrement aux parents d'enfants en âge scolaire, est extrait d'un épais "Petit courrier n°2" de 220 pages, adressé (début juillet 2005) sous la forme d'un CD-Rom, à plusieurs dizaines d'élus français de tous bords, ainsi qu'à divers représentants de la presse. Ce Petit courrier n°2 avait été précédé d'un n°1, daté de juillet 2004.

Il se trouve que j'écris régulièrement, depuis au moins 1994, à tout ce que la France compte de personnalités politiques, surtout des maires, pour attirer leur attention sur le marasme structurel qui pèse sur le système scolaire français (autour de 15 % d'enfants arrivant au collège sans être parfaitement alphabétisés !), pays phare de la francophonie ou supposé l'être ! J'avoue que le taux de réponses intéressées à mes interrogations est des plus faibles, beaucoup d'élus ayant opté pour la solution de facilité, peut-être devrais-je dire "de médiocrité", consistant à attendre que les jeunes scolarisés se noient complètement, pour financer des opérations "bidon" du type "soutien scolaire" ! Il se trouve que je suis farouchement opposé au "soutien scolaire" et à tous ses avatars, parce que ça coûte de l'argent au contribuable en n'étant d'aucune utilité sur le plan pédagogique !

En ce qui me concerne, ma religion, en matière scolaire, est faite : plus l'initiation sera précoce (piano, violon, sport, écriture, lecture, etc.), mieux ce sera. Par ailleurs, l'expérience montre que les enfants qui ont appris, très tôt, à aimer apprendre, deviennent forcément de bons élèves et que les bons élèves n'insultent et ne brutalisent pas leurs profs, pas plus qu'il ne mettent le feu aux écoles !

A tous ceux qui, en France notamment, n'ont pas d'autre réponse à apporter à la question des banlieues ouvrières qui brûlent, que celle consistant à montrer du doigt et à stigmatiser les jeunes "sauvageons", coupables de tous les maux, je ne répondrai que par cette maxime que j'emprunte à la sagesse chinoise :

QUAND LE SAGE DESIGNE LA LUNE, L'IMBÉCILE REGARDE LE DOIGT !
En guise d'introduction, je ne résiste pas au plaisir de vous soumettre un petit "quiz" : ci-dessous, des travaux réalisés par deux enfants, Tom et Inès. Avez-vous une idée de l'âge relatif de ces deux enfants ?


1. Travaux de Tom (Paris 16ème, métro Iéna) :

  • tentative de reconnaissance de caractères (reproduction par imitation)

  • dessins de personnages, animaux et objets divers










2. Travaux d'Inès
(Paris 15ème, métro Javel) :

  • reproduction de syllabes






  • une jeune mariée



Alors, vous avez trouvé ? A la "lecture" de ces tracés, j'imagine que vous devez penser qu'Inès est bien plus âgée que Tom ? Eh bien, détrompez-vous : ces deux bambins ont exactement le même âge : cinq ans, à quelques semaines près !

Et là, vous vous dites : mais comment est-ce possible ? Et là, je vous invite à comparer les performances de deux gamins de 5 ans ou plus, dont l'un aurait une ou deux années de pratique du piano, du violon... derrière lui, et pas l'autre...

Les différences criantes qui se manifestent ici ne sont que la résultante d'un certain nombre de choses : j'ai connu la petite Inès alors qu'elle avait deux ans et demi et vivait avec sa mère sur le même palier que moi. Et je me souviens qu'à l'époque, elle connaissait déjà tout son alphabet, qu'elle avait appris à l'aide d'un de ces jouets en forme d'ordinateurs, aux couleurs fluo. Et celui-là parlait (!), une voix synthétique guidant l'enfant dans ses manipulations :

- Appuie sur le "s" ! Bravo !
- Appuie sur le "m" ! Bravo ! - Appuie sur le "v" ! Non, ce n'est pas le "v" ; appuie sur le "v" ! Bravo !

Et ainsi de suite, ce qui fait qu'à deux ans et demi, soit plus d'un an avant d'entrer en petite section de maternelle, je peux vous assurer que cette gamine connaissait toutes les lettres de l'alphabet ! Mieux : je l'ai toujours vue avec un crayon à la main, gribouillant toutes sortes de choses sur des cahiers, le tout avec un vocabulaire fort développé pour son âge ; elle connaissait, par exemple, les noms de tas d'animaux ; ainsi, la grosse bestiole qui fait "plouf-plouf" dans l'eau était un "popotame".

Rien de tel avec Tom, lequel, vers quatre ans, passait des après-midi entières à se morfondre devant le gros téléviseur du salon. Tom était aussi mutique qu'Inès était volubile. Mais son point fort, à Tom, c'était l'identification quasi instantanée de chanteurs anglo-saxons à la mode, qu'il écoutait à longueur de journée sur les chaînes du câble et du satellite, chaînes qu'il balayait avec dextérité à l'aide de la télécommande.Le résultat est que ce "gamin de riches" accusait, en termes d'âge mental, un retard conséquent sur la petite Inès, bien moins riche que lui, pourtant, je veux dire financièrement. J'estime, donc, qu'à cinq ans, Tom était bien moins épanoui intellectuellement qu'Inès à deux ans et demi, avec un écart, en termes d'âge mental et de développement psycho-moteur de plus de deux ans, ce qui est considérable !

Du reste, comme preuve supplémentaire de sa précocité, voici un des tout premiers tracés que j'ai fait réaliser par Inès plus d'un an avant ceux affichés plus haut ; ici, elle va sur ses quatre ans et demi et entre en Moyenne section de Maternelle. L'exercice consistait à reproduire à droite les syllabes figurant à gauche.

Inès vers quatre ans : ses toutes premières syllabes


Je vois d'ici arriver la question : "Mais mon bon monsieur, ces deux gamins ont été scolarisés dès la maternelle ; on aurait donc dû s'attendre à un développement psycho-moteur et intellectuel plutôt similaire !"

C'est aussi la réflexion que je me suis faite au début : petite section, moyenne section..., à l'école dite maternelle, les enfants sont censés apprendre un certain nombre de choses relatives à la vie en groupe et à l'acquisition d'un certain nombre de manipulations (même si la chose fait débat actuellement : dans "école maternelle", faut-il insister sur "école" ou sur "maternelle" ?).

Le fait est qu'avant d'accéder à la petite école, Inès savait déjà tenir un crayon et réaliser des tracés étonnants de complexité, comme cette jeune mariée, dessinée avec un simple stylo à bille (et tout le monde sait que, pour réaliser de longues lignes avec un stylo à bille, il faut pouvoir maintenir, le plus longtemps possible, un contact parfait entre la bille et le papier), dessin assez stupéfiant en raison de l'agencement des motifs et du "graphisme" ! Voilà qui devrait faire réfléchir plus d'un parent d'élève : j'évoquais le piano et le violon... plus haut : nous savons tous que, pour une heure de cours passée au conservatoire ou en compagnie de son professeur (à domicile, par exemple), le/la jeune musicien(ne) va devoir s'astreindre à de longues heures de gammes et d'exercices variés, tout seul, à la maison, car c'est là (à la maison !) et nulle part ailleurs que se construisent les carrières de virtuose !

D'une part, nous avons une fillette d'origine modeste, mais idéalement "couvée" par sa mère, qui l'élevait seule ; de l'autre, nous avons un "fils de riches", avachi des heures durant dans l'immense canapé du salon, en se gavant de séries télévisées et d'émissions plus ou moins débiles.

Et que ce qui précède serve de leçon à tous les parents d'élèves. Mais nous n'en étions qu'au préambule !

Fin septembre 2004, je suis dans les cartons…, lorsqu'une dame au fort accent exotique m'appelle pour me demander si je pouvais voir sa petite fille. Quel âge ? … Je me dis qu'avec les enfants, à domicile, j'ai déjà donné, et puis, j’ai pas mal de boulot : douze tonnes de bouquins qu'il va falloir provisoirement répartir dans un certain nombre de caves ! Je m'apprête donc à dire à la dame que je n'ai malheureusement pas beaucoup de temps en ce moment…

Ma fille sait déjà lire une soixantaine de kanji, déclare-t-elle, et je lui apprends aussi les katakana, hiragana…

Dans ma tête, quelque chose fait "tilt !" : Elle a dit quoi ? Kanji, katakana, hiragana ? Japon ! Dans la demi-seconde, je décide de tout arrêter. Une telle occasion ne se reproduira certainement pas avant longtemps : en plus de vingt ans, après être entré dans tous les types de familles, je sais, par expérience, que les Asiatiques constituent le milieu le plus difficile à pénétrer. Rendez-vous est pris avec la dame ; par chance, elle n'habite pas très loin.

Dès le surlendemain, je découvre la petite... – nous l'appellerons Kikuko –, trois ans et demi ; une espèce de gros bébé eurasien : mère (très maternante !) japonaise, père français, que je ne verrai que deux fois en six mois (Il a un patronyme connu mais son visage ne me dit rien ; apparemment, ses activités l'amènent souvent à l'étranger, où la famille a longtemps séjourné.). La mère ne travaille pas (formule stupide, je sais !) ; son français est correct, mais très "coloré". Elle joue du piano classique à un fort bon niveau (Beethoven : Les 32 Sonates pour piano, Bach : Variations Goldberg…).

La première impression est étrange : la petite parle encore vraiment "bébé", en tout cas en français, parce qu'en japonais, elle est plutôt volubile ! Normal : la mère ne lui parle qu'en japonais ! Du coup, à l'école (Maternelle, petite section), ça ne se passe pas très bien ; tous ses camarades parlent couramment (le français), sauf elle, d'où des réactions d'agressivité. Et voilà comment la mère s'est dit : il faut chercher de l'aide.

Ci-dessous, une espèce de "gros bébé" eurasien, facétieux et espiègle


Les psys parlent volontiers d'âge mental. Ces chers psys ! S'ils savaient que le même individu peut avoir plusieurs âges mentaux ! Kikuko parle le japonais (que je ne comprends pas, mais j'entends bien qu'elle ne cherche pas ses mots dans sa langue maternelle) comme une enfant de son âge, alors qu'en français, ça donne des : "kékessé (qu'est-ce que c'est) ?", des "sussure (chaussure)", "eussa (le chat)", soit un âge mental autour de deux ans à deux ans et demi ! D'où ses problèmes en maternelle : imaginez un enfant de deux ans et demi qu'on inscrirait en petite section de maternelle, parmi des enfants de quatre ans ! Cela dit, j'ai souvent eu l'occasion de constater que les enfants évoluant dans un environnement bilingue démarrent parfois avec un léger "retard à l'allumage" dans chaque langue, ce qui se conçoit aisément ! Mais, par la suite, ils se ratrappent sans problème, au point d'avoir l'équivalent de deux langues maternelles !

Mon premier geste a consisté à suggérer à la mère de Kikuko d'apprendre à l'enfant à tenir un crayon, étape préalable à tout travail de fond…! Je dois dire que la gamine, très espiègle, nous a donné du fil a retordre, à moi et à sa mère, qui la prenait un peu trop pour un bébé ! Autant dire qu'il a fallu déployer des trésors d'ingéniosité pour maintenir la fillette à peu près concentrée, durant une petite heure (dans les faits, une petite demi-heure). Ci-dessous, le résultat d'à peu près six mois de travail, à raison d'une heure par semaine, soit au total, une petite trentaine d'heures.

  • Premiers essais d'écriture





  • Premiers dessins




  • Près de deux mois séparent les deux coloriages ci-dessous :





Après 25 séances d'écriture et de dessin intensifs, j'ai eu l'idée d'apporter à Kikuko mon propre (vieil) ordinateur portable, muni d'une petite souris à l'effigie de Winnie l'Ourson, et équipé de deux ou trois logiciels anciens mais performants. Le déclic a été immédiat. Ce qu'il y a de formidable avec l'ordinateur – ce répétiteur infatigable sachant mêler l'utile à l'agréable –, c'est que l'enfant peut y travailler des heures durant, seul(e) et sans se fatiguer ! La première séance a surtout consisté à falimiariser l'enfant avec la souris d'ordinateur : on déplace un point lumineux sur l'écran, en sachant que c'est la main qui réaliser le mouvement, mais sans regarder la main : gauche, droite, en haut, en bas... Question : pourquoi diable y a-t-il si peu d'ordinateurs dans les écoles de France et de Navarre, contrairement à ce qui se passe ailleurs (Danemark, Luxembourg, Singapour...) ?

Deuxième séance à l'ordinateur : identification d'objets et lecture de nombres ; des objets (animaux) défilent à l'écran ; il s'agit, par "glisser-coller", de récupérer la pastille portant le bon numéro et de la déposer au bon endroit. La principale difficulté consiste à ne pas regarder la main, tout en sachant que c'est elle qui déplace le point lumineux sur l'écran : à droite, à gauche, en haut, en bas… Les "psys" parlent volontiers de schéma corporel.




Troisième séance à l'ordinateur
: identification d'objets et lecture de nombres ; une vache, trois chatons ; l'ordinateur parle et "lit" le nombre activé à la souris ; l'enfant peut, ainsi, faire coïncider les deux signifiants (le signe graphique et son empreinte vocale). En fin d'épreuve, une petite animation indique à l'enfant tout exercice réussi.




Troisième séance à l'ordinateur : d'abord lire, sur le parcmètre, le montant de la somme réclamée, puis introduire les bonnes pièces ; à droite, on compte les serpents (combien de têtes ?) et l'on récupère la bonne pastille. Kikuko est en mesure de compter en japonais jusqu'à trente, et de lire les nombres (chiffres arabes ou indiens) jusqu'à 10.



Quatrième séance à l'ordinateur : cette fois, il s'agit d'assembler des objets de même origine en regroupant dans le rond central les fragments homologues (par la forme, la couleur ou la destination) : silhouette d'humanoïde, automobile, visage humain… Certains visages se ressemblent ; dans ce cas, on se repère à la couleur des cheveux, ou de la casquette.







Cette fois-ci, l'exercice consiste à reconstituer un puzzle ; l'image de référence se trouve déjà dans le cadre, en couleurs délavées ; il faut récupérer les bons fragments à l'aide de la souris, puis les déplacer jusqu'à l'emplacement correspondant : on clique, on déplace, on clique. Quatre séances d'une heure ont suffi pour familiariser cette gamine avec la souris d'ordinateur. Comme on peut le voir, une fois que l'enfant a compris la consigne, elle peut travailler seule, des heures durant !




Que dire de tout ce qui précède ?

Ces photos s'étalent sur une période de neuf mois, soit entre l'âge de trois ans et demi à celui de quatre ans et trois mois pour notre petite eurasienne. Dans les faits, cette gamine fait tout à fait son âge en japonais, mais un an à un an et demi de moins en français ! Élémentaire, mon cher… ! C'est tout le sens de l'expression langue maternelle : le japonais est la langue de la mère, le français celle du père. Conclusion logique : un même sujet peut afficher deux, voire plusieurs âges mentaux distincts. C'est particulièrement patent chez les enfants issus d'un métissage culturel, lorsqu' aucun des parents ne maîtrise la culture de l'autre : au début, c'est tout naturellement la langue de la mère (ou de la nounou) qui va l'emporter ! Ces enfants acquièrent, donc, une langue dominante qui va, tout naturellement, supplanter l'autre, tout au moins au début.

Résumé d'une trentaine d'heures de travail :

Avec Kikuko, il a bien fallu improviser ; on improvise toujours avec les très jeunes enfants, dont aucun ne ressemble à un autre, bien qu'ils se ressemblent tous ! En tout cas, contrairement aux psychanalystes et à leurs théories préfabriquées, moi, j'ai pour habitude de travailler en partant de feuilles blanches : au début d'une séance, je ne sais jamais ce que je vais faire ! Tout va dépendre du comportement de l'enfant. La petite Inès (petite fille de ressortissants tunisiens) avait deux ans et demi lorsque je l'ai rencontrée, mais elle affichait déjà la maturité et le savoir-faire d'une enfant de deux voire trois ans plus âgée : elle connaissait tout son alphabet, savait tenir un crayon, dessiner…Rien de tel ici ! Et pourtant, les conditions sociales sont nettement plus "huppées" que chez Inès ! Comme quoi…Je reste persuadé que ce que la petite Kikuko a fait en six mois, Inès l'aurait réalisé en un seul. C'est comme ça. Le plus gros problème a été le faible entraînement au sein de la famille, cette gamine étant encore traitée comme un "gros bébé" par sa mère, à un âge où Inès avait déjà été rendue très autonome par l'éducation plutôt rigide de sa mère.

A titre de comparaison, je prendrais la position de la main qui écrit : quelques heures de pratique seulement pour Kikuko, qui affiche d'emblée la tenue en "poignard", bras tendu, geste qu'il a fallu (tenter de) corriger durant les séances (sur la photo du bas, la prise du crayon s'est nettement améliorée par rapport aux débuts), les parents s'étant avérés incapables de faire faire le moindre exercice à l'enfant. La mère trouvait pourtant le temps de s'exercer au piano ! Quant au père, jamais là...

Kikuko (trois ans et demi, prise d'écritoire en "poignard")




Inès (quatre ans et des poussières ; prise d'écritoire correcte)


Chez Inès, en revanche, nous pouvons contempler le résultat de quelques années déjà (elle a un peu plus de quatre ans) de pratique du crayon et du stylo ! Mais surtout, il y a une mère qui n'arrêtait pas de me harceler à coups de : "il faut lui donner des fiches de travail pour le week-end !". Et je lui préparais des fiches de travail, et encore d'autres fiches...Tant il est vrai que c'est à la maison qu'on devient un virtuose du violon, du piano, de la flûte..., pas au conservatoire, où l'on ne fait que passer de temps en temps !

Trente séances, ça veut dire à peu près UN MOIS de travail à raison d'une heure par jour, ou deux semaines à raison de deux heures par jour. Or, ici, le travail a été réalisé en six mois. C'est dire si l'on aurait pu aller beaucoup plus vite !Donc, en trente séances d'une heure chacune, Kikuko a appris à lire et à écrire une demi douzaine de lettres et les nombres de 1 à 10, ce qui est très bien, à 4 ans, et ce, d'autant plus que ses congénères de Petite Section de Maternelle sont loin d'afficher de telles performances. Mais je reste persuadé qu'on aurait pu faire mieux. Cela dit, soyons honnête : en six mois, l'entourage de l'enfant a pu constater ses progrès dans tous les domaines ; par ailleurs, elle baragouinait le japonais avec une aisance qui me laissait admiratif. Quant au piano, j'ai pu vérifier qu'elle avait déjà les doigts bien musclés, attaquant les touches avec une autorité que l'on rencontre rarement à cet âge.


Pour les deux dernières séances, j'ai installé un nouveau jeu sur l'ordinateur de la mère, un jeu de plate-forme, cette fois-ci, pour habituer l'enfant avec les quatre touches directionnelles du clavier alphanumérique. Le temps de se familiariser avec les touches et, dès la séance suivante, la gamine est parvenue, avec beaucoup d'aisance, à guider un petit monstre rose à travers les coursives d'un bâtiment à plusieurs étages, pour lui faire ingurgiter des friandises, le nombre de friandises gobées s'affichant en haut de l'écran. Cela ressemblait à peu près à ceci :


Entre nous, je suis, depuis l'origine (soit vers 1985 !), un ennemi acharné des jeux vidéo, dont le caractère vicieux, envahissant et abrutissant s'est très vite révélé. Cela dit, utilisés à bon escient, certains jeux vidéo peuvent être de bons supports pédagogiques (celui-ci date de la fin des années 80), pour stimuler l'adresse et la maîtrise du schéma corporel (droite, gauche, haut, bas, devant, derrière…). Circuler dans les coursives, en prenant l'escalier, pour finir par sortir par une porte (en haut) et accéder au niveau supérieur, tout cela est à la portée d'un enfant de Petite Section de Maternelle.

Compte tenu de son retard de langage, la petite Kikuko aurait dû rester en Petite Section. Mais elle a accédé à la Moyenne Section de Maternelle, à la grande satisfaction de la mère, car elle a été la seule de sa classe à réussir systématiquement un "sans faute" à l'épreuve consistant à associer un chiffre au nombre exact d'objets figurant sur une image, chose qu'elle a longuement expérimentée sur l'ordinateur. D'autres enfants, bien plus volubiles qu'elle, pourtant, ont dû refaire une année (entière !) de Petite Section (ce qui est parfaitement idiot !), pour cause d'immaturité !

Bilan de l'expérience.

D'une part, je me dis que j'ai bien fait de venir, car j'ai appris énormément de choses : bien plus qu'en un gros paquet de séminaires universitaires abstraits et abscons ! Car rien ne remplacera jamais l'expérience sur le terrain ! D'autre part, je prétends que les enfants ne sont que de la pâte à modeler : ils prennent la forme que l'on veut bien leur donner. En clair : derrière un enfant à problèmes, on trouve toujours des parents peu doués, que je classerai, volontiers, dans trois catégories, dont les enfants cumulent tous les échecs : les indigents, les incompétents, les malfaisants :

- les indigents : niveau intellectuel trop faible ; c'est le cas de 99,99 % de ces pauvres paysans qui quittent leur village du Tiers-monde pour se retrouver coincés au xième étage d'une tour, dans la banlieue d'une cité industrielle (quand ils ont la chance de trouver à se loger dans un vrai appartement et non pas dans un squat pourri !) ;

- les incompétents : regardez les stars du cinéma, du sport, du show business… et leurs enfants : combien de bacheliers, d'universitaires ? Pas loin de zéro ! J'appellerais cela le syndrome du nouveau riche : des parents pas très bien éduqués, qui accèdent à la gloire et à la fortune comme ça, sans l'avoir toujours mérité. Du coup, l'argent facile devient, chez eux, l'alpha et l'oméga ; mais les millions des parents ne rendront jamais les enfants plus intelligents : élevés dans le beurre et la facilité, ils deviennent allergiques à toute idée d'effort, de travail assidu, de ténacité… (i)

- les malfaisants : ce sont tous ces criminels que l'on voit à la Une des journaux, parents proxénètes, pédophiles, drogués, alcooliques…

Dans notre cas, le fait qu'aucun des deux parents ne maîtrise la culture de l'autre explique en partie les problèmes de Kikuko ; mais il y a aussi le peu d'implication du père, prototype de ces pères modernes que je qualifierais de pères en pointillés, tant ils pèsent peu sur l'éducation de leurs enfants, laissant ce travail à la seule mère. Le problème est que c'est encore à la maison que l'on apprend le mieux ! Et voilà comment une petite fille de riches se retrouve en difficulté scolaire dès la Petite section de maternelle : tous ses petits camarades parlent couramment le français, mais pas elle, tout ça parce que le père a démissionné et que la mère s'entête à ne lui parler qu'en japonais ! Mais elle a appris d'autres choses, dans l'intervalle.

C'est la raison pour laquelle j'estime qu'avec un peu plus d'engagement des parents (du père !), Kikuko aurait pu gagner au moins une année de maternelle ! Je veux dire qu'elle aurait pu entrer en Grande Section dès l'année suivante, sans passer par la Moyenne Section ; mais, pour ce faire, il aurait fallu qu'elle parlât un peu plus souvent le français à la maison, ou avec une nounou, ou une baby sitter, mais j'imagine mal cette mère possessive abandonner sa fille entre les mains d'une "rivale" ! Cela dit, aucun enfant n'étant l'égal d'un autre, la règle d'or consiste à laisser chacun évoluer à son rythme, sans inhibition ni surexploitation.Pour en revenir à la petite Inès, pour vous prouver qu'elle existe bel et bien, la photo ci-dessous la montre en plein exercice, soit vers ses quatre ans et demi.

Dernières nouvelles du front : en cette fin de juin 2006, Inès est en fin de CM1, travaille assidument sur le nouvel ordinateur que je lui ai "prêté" et affiche depuis quelques mois des notes tournant autour de 18 sur 20, à la grande satisfaction de la mère qui s'empresse, à chaque fois, de m'annoncer la bonne nouvelle au téléphone. Ma conviction est que, contrairement aux enfants de même origine sociale qu'elle, enfants qu'on dit "issus de l'immigration" (mauvais euphémisme !), Inès effectuera l'ensemble de son parcours scolaire de base (de la Maternelle à la Terminale) sans connaître le moindre redoublement, ce qui n'a rien d'un exploit ; juste une affaire de "conditionnement familial" !

Et pour prouver que cette gamine existe bel et bien, voici, ci-dessous, trois clichés la montrant vers quatre, six et neuf ans :




Ci-dessus : découverte des Mikrokosmos de Bartók


A ce propos, voici ce que j'ai lu, tout récemment, dans le journal :



Heureusement qu'il y a des chercheurs pour consacrer le clair de leur temps à débusquer la petite bête ! Bien sûr que la pratique de la musique, à l'instar du sport, développe les capacités intellectuelles chez l'enfant ! Cela s'explique fort bien : le sujet qui travaille son instrument apprend très vite à travailler seul, ce qui signifie qu'il va, très vite, acquérir de l'autodiscipline :le principal carburant de tout progrès et de toute réussite ! Par ailleurs, grâce au solfège, on apprend qu'une noire pointée n'est plus une noire, mais pas encore une blanche (un temps et demi c'est plus qu'un temps et moins de deux temps !), donc la précision mathématique... Autodiscipline, rigueur, précision..., toutes choses qui font que les enfants qui pratiquent intensément un instrument de musique sont rarement de mauvais élèves ; en tout cas, dans ma pratique pédagogique (depuis 1982...), je n'ai jamais rencontré de petit(e) musicien(ne) qui ne soit pas un(e) brillant(e) élève !

Ci-dessous, une des toutes premières dictées de mots effectuées par Inès (elle a un peu plus de six ans et vient d'entrer en Cours Préparatoire/Première Primaire) : l'exercice portait sur les diphtongues (ou voyelles composées) oi, ou , on, eu. Petite précision à l'intention des sceptiques : les performances de cette gamine n'ont rien à voir avec le travail fait à l'école (l'institutrice étant une adepte de la fameuse "méthode globale... de lecture), l'année scolaire fut plutôt pénible pour la gamine, qui ne comprenait pas pourquoi il fallait lire les mots d'un seul bloc, alors que la méthode apprise à la maison semblait bien plus efficace ! Mais le sommet de la bêtise fut atteint, le jour où la mère d'Inès reçut un courrier de la maîtresse, dans lequel il était écrit, noir sur blanc : "...votre fille est probablement dyslexique !"

Vous avez donc, ci-dessous, une dictée de mots effectuée par une petite "dyslexique" de six ans !

A titre de comparaison, voici, ci-dessous, des extraits d'un cahier de classe du jeune Steven, lui aussi en Cours Préparatoire, nourri, gavé et abruti de "méthode globale de lecture", vous savez ?, cette fameuse méthode qui aurait disparu des écoles françaises depuis belle lurette... Les extraits ci-dessous datent de 1999 !




Pour mémoire, la fameuse "méthode globale... de lecture", toujours en vigueur auprès de 90 à 95% des instituteurs et instutrices de France et de Navarre, selon mes propres estimations, consiste à apprendre des mots par coeur à partir d'une espèce de "portrait robot"... Mais si l'élève arrive à lire à peu près correctement ces mots (et Steven à ce propos lisait plutôt bien !), il s'avère à peu près incapable d'en réaliser la SÉQUENCE, protocole incontournable en matière d'écriture !

Vous comprenez maintenant pourquoi, en France, en 2006, le débat sur les méthodes d'alphabétisation porte exclusivement sur l'acquisition de la LECTURE... Pour ce qui est de l'ÉCRITURE, motus et bouche cousue !!!!

Je compte revenir sur cette question, dans peu de temps, en y consacrant un blog destiné à démonter cette escroquerie intellectuelle que de pseudo-experts, associés à de pseudo-journalistes, s'évertuent à déployer autour du débat sur les méthodes de lecture...

Quant à notre petite eurasienne, les contacts ont été rompus assez brutalement ; je veux dire qu'à la fin des vacances estivales, la mère n'a pas repris contact, selon toute probabilité, à la suite d'un nième déménagement, la famille ayant déjà longtemps séjourné à l'étranger, où le mari avait l'essentiel de ses activités ; moi-même ayant déménagé de mon côté, les choses en sont restées là. J'espère seulement que le déménagement n'a pas conduit la famille dans un pays non francophone, ce qui voudrait dire que la gamine se verrait contrainte d'apprendre une nouvelle langue, au risque de perturber l'acquisition des deux premières !

Mais au fait, j'imagine que vous vous demandez ce qu'il en est advenu de notre petit Tom, vous savez ? Celui qui savait à peine tenir un crayon au sortir de la Moyenne Section de Maternelle :



Comme nous étions au début des vacances estivales, j'ai proposé à la mère de Tom de lui consacrer dix séances pour le familiariser avec la tenue d'un crayon, condition sine qua non à un début d'alphabétisation cohérent. Je l'ai donc vu à raison d'une heure par jour, durant deux semaines (du lundi au vendredi), et ce, avant que la famille ne parte en vacances. Dix jours donc ; le résultat est visible ci-dessous :


Troisième séance de travail (3ème heure) :


Dixième séance de travail (10ème heure) :



Je précise, à l'intention des sceptiques, que les trois images ci-dessus concernent bel et bien un seul et même enfant de cinq ans (plus ou moins deux semaines) !

MORALITÉ n° 1 :

Ceux qui croient encore que l'accès à l'alphabétisation des enfants passe par je ne sais quelle méthode globale ou mixto-globale... de lecture sont de pauvres naïfs doublés d'authentiques crétins incompétents ! En ce qui me concerne, ma méthode d'alphabétisation n'est pas syllabique (je n'aime pas ce mot parce qu'il ne veut rien dire !) mais séquentielle ; je l'ai mise au point dès 1988, n'ai pas cessé de l'améliorer depuis, et constate tous les jours qu'elle est efficace dans 100 % des cas, tant en lecture qu'en écriture !


MORALITÉ n° 2 :
Les bonnes performances d'une fillette d'origine modeste, comme Inès, n'ont rien de miraculeux. Des solutions existent pour éradiquer l'échec scolaire ; elles consistent essentiellement à intervenir en amont, dès lors qu'on sait parfaitement que l'échec scolaire n'est que la résultante d'une cascade de ratages, dont le premier est l'illettrisme, voire l'analphabétisme - quand ce n'est pas tout simplement la bêtise - des parents ! Des solutions existent, mais allez comprendre pourquoi, dans le pays de Jules Ferry, tout le monde ou presque donne l'impression de patauger dans la semoule !? Les enquêtes internationales se suivent et se ressemblent : la France reste à la traîne en matière de performances scolaires de ses enfants, quand on la compare aux premiers de la classe (Finlande, Singapour, Danemark...).

Voilà qui va m'amener à préconiser ce qui suit :

1. l'alphabétisation des enfants peut (doit !) intervenir dès la Petite Section de Maternelle (encore faudrait-il disposer de la bonne méthode), soit trois ans (!) avant le Cours Préparatoire, donc avec des enfants de 3 ½ à 4 ans. Et une petite heure de travail quotidien y suffirait largement ! Vous avez bien lu : tout ce qu'on enseigne aux enfants en CP pourrait leur être enseigné dès la Petite Section de Maternelle ! Mais à cela, il y a une condition sine qua non… (voir plus bas)

2. l'informatique à l'école - domaine où la France a pris énormément de retard (parce que d'aucuns confondent encore informatique et Internet !) - doit pouvoir intervenir dès la Petite Section de Maternelle car c'est là que le cerveau est encore le plus malléable : Mozart n'a pas attendu d'avoir six ans pour découvrir le piano !

3. condition sine qua non, préalable à tout (bon !) programme d'alphabétisation :

Il est essentiel que l'enfant sache tenir un crayon, et cela peut s'apprendre n'importe où, de préférence au sein de la famille (ii), en tout cas, en petit comité. Pour ce faire, je recommande aux parents, frères et sœurs aînée(e)s, grands-parents, nounous, puéricultrices et animatrices de crèches, etc., d'organiser des séances de gribouillages (sur ardoise, papier, tableau en plastique ; deux fois trente (2 x 30) minutes, dans la journée, pour commencer ; par la suite, deux fois une heure) pour familiariser les enfants avec la tenue du crayon. C'est la bonne exécution de ce geste qui va conditionner la suite !

Une fois acquise la parfaite tenue de l'écritoire, l'apprentissage de l'alphabet ne devrait poser aucun problème ; ce devrait être l'affaire d'une petite cinquantaine d'heures (entre nous, deux mois de vacances scolaires y suffiraient amplement !).


Théorèmes :

1. tout enfant capable de manger proprement un yaourt avec une petite cuiller doit être capable de s'initier à l'écriture (évidemment qu'il y a une astuce !)

2. la réussite scolaire d'un enfant est un facteur éminemment influencé par le niveau intellectuel des parents, et singulièrement de la mère !

3. conséquence de ce qui précède : dans 90 % des cas, la réussite (ou l'échec) scolaire se joue à la maison !


Demandez le programme !
Opération At school at home - Die Schule zu Hause - L'école à la maisonSi vous avez bien lu le blog ci-dessus, alors vous commencez par être convaincu(e)s du fait que c'est encore à la maison que l'on apprend le mieux ! Le petit Wolfgang Amadeus n'est jamais allé à l'école, ayant tout appris auprès de précepteurs. Ce petit génie de la musique a tout de même eu la chance d'avoir un père compositeur : Leopold Mozart ! Il reste à se demander si nous parlerions aujourd'hui du "divin Mozart", si Leopold avait été charcutier, maréchal-ferrant ou palefrenier ! Plus près de nous, les sœurs Polgar, championnes hongroises des échecs, n'ont jamais été scolarisées non plus. Leur premier professeur ? Lazslo, leur père, théoricien et pédagogue des échecs. Comme quoi !
Petit rappel : en France, ce qui est obligatoire jusqu'à seize ans, ce n'est pas la scolarité (fréquentation physique d'une école) mais l'instruction (obligation d'acquérir un savoir standard minimal). Bien des parents l'oublient, mais pas les parents d'enfants dits surdoués : ces derniers, comme par hasard, révèlent généralement leurs grandes disponibilités intellectuelles à la maison, en ayant appris à lire et écrire vers les quatre ans, avec Maman, Papa, Papy, Mamie…, un tonton !
C'est tout cela qui m'a inspiré le programme "L'école à la maison".
Le principe en est fort simple : l'expérience de ces enfants dits "surdoués" (dont un grand nombre connaissent pourtant l'échec à l'école, malgré des aptitudes intellectuelles indiscutables) nous suggère que l'école peut faire perdre beaucoup de temps aux enfants. A titre d'exemple : j'estime que trois années de Maternelle, c'est au moins une année de trop ! Mieux : entraînés comme il se doit, 95 % des bambins sortant de Maternelle pourraient entrer directement en CE1, sans passer par le CP.
Ce programme s'adresse à tous les parents courageux, plus "futés" que les autres, et surtout décidés à ne plus laisser n'importe qui faire n'importe quoi avec leurs enfants. Concrètement, je m'engage à fournir une assistance pédagogique à des conditions très avantageuses, voire gratuitement, à tous les parents décidés à tenter une expérience de scolarisation à domicile pour leurs enfants, notamment de niveau primaire. Cela devrait concerner deux types de familles :
  • familles ouvrières ou vivant en quartiers populaires (ces quartiers dits sensibles des cités dortoirs de nos grandes villes) : du type des cités HLM en France. Le but est de scolariser précocement les enfants de Maternelle, sur le modèle de ce qui a été fait avec Kikuko et Inès. Il suffira que des parents (mères ou pères au foyer) se concertent pour créer des "écoles de quartier" entièrement décentralisées (classes de dix élèves maximum d'un même niveau ; une grande table de cuisine y suffirait amplement !). Le matériel pédagogique et l'assistance technique aux parents seront gracieusement fournis par mes soins.
  • Compte tenu de la faible motivation de certains élus, que j'ai pu moult fois constater sur le terrain, j'attends des familles qu'elles se prennent en charge sans rien attendre des démagogues de tout poil, dont je n'exclus pas qu'ils cherchent, un jour, par vouloir prendre le train en marche en s'immisçant dans le programme en cours, et ce, dès que les premiers résultats positifs se feront sentir, démagogie oblige !
  • toutes autres familles soucieuses d'expérimenter la scolarisation à domicile (et a fortiori, l'ayant déjà expérimentée et soucieuses de la poursuivre !) avec au moins un parent présent, à l'exemple de la mère de la petite Kikuko. Ici, je m'attends à ce que le regroupement des enfants soit moins évident, mais on ne saurait l'exclure. Dans ces conditions, le matériel pédagogique et l'assistance technique seront fournis aux parents moyennant des conditions financières particulièrement avantageuses.
Dans un cas comme dans l'autre, un minimum d'équipement informatique (ordinateur PC, imprimante) et/ou bureautique (photocopieuse) sera requis.
(i) Les exceptions qui infirment la règle : du temps des Jean Gabin et des Bourvil, une star du cinéma ou de la chanson pouvait encore avoir des enfants qui devenaient médecins, avocats… Aujourd'hui, c'est fini : c'est à peine si nos enfants de stars parviennent à se hisser jusqu'au Brevet des Collèges ! Rien que des acteurs et actrices de cinéma, le tout, sans être jamais passé(e)s par le moindre conservatoire !

(ii) Peut-être comprenez-vous pourquoi je trouve consternant qu'il puisse encore exister des parents analphabètes dans des pays dits civilisés, sachant que neuf mois de grossesse, cela correspond en gros à une année scolaire, et qu'en une année scolaire, on doit pouvoir alphabétiser n'importe quel(le) mère ou père de famille !
Mai 2005/Juin 2006/Novembre 2006

Rasayi Wora




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